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Auteur: Reddy,
membre du cercle WHW
Dans mes recherches
pour trouver de quel mythe, fait ou légende j’allai discuter, j’ai
décidé de relire mes livres sur la mythologie, et de noter tous les
grands mythes propres à chacune d’elles, puis de voir si je pouvais
faire des recoupements. Mais je n’ai pas eu à mener à bien ce travail
puisqu’il s’est très vite avéré qu’un mythe ressortait presque à chaque
fois, celui du Déluge. D’où mon titre de mythe universel, car j’ai pu
constater que presque toutes les mythologies connaissent des mythes de
catastrophes cosmiques qui racontent comment le monde a été détruit et
l'humanité anéantie à l'exception notoire d'un couple "élu" (ou de
quelques survivants chanceux).
Dans ce travail, je
vais exposer le mythe du Déluge sous la forme trouvée dans chaque
mythologie et religion, avec le plus de détails possibles, même si
parfois les informations sont relativement légères.

Une arche de Noé pleine de
fantaisie, vue par le dessinateur Peynet
1. Mésopotamie (Sumer, Babylone, Assyrie, Akkadie…)
La version sans doute la plus ancienne du continent européen, et
sûrement fondatrice des suivantes, nous vient de Mésopotamie via l’Epopée
de Gilgamesh.
Parmi ses nombreuses aventures, le roi et héros Gilgamesh va se rendre
compte de la précarité de la vie suite à la mort de son ami Enkidou.
Refusant d’avoir à subir le même sort, il part à la recherche du secret
de l’immortalité. Après d’autres péripéties, il parvient jusqu’à
Utnapishtim, seul homme auquel les dieux aient accordé l’immortalité. Et
lorsqu’il lui demande comment, l’ancien roi lui raconte l’histoire du
Déluge :
" Utnapishtim dit à
Gilgamesh
- Je vais te révéler un mystère, je vais te dire un secret des dieux. Tu
connais Shurrupak, la cité qui se trouve sur les bords de l'Euphrate ?
Cette ville était ancienne et les dieux qui l'habitaient étaient vieux.
Il y avait là Anu, maître du firmament, leur père, et le guerrier Enlil,
leur conseiller, Ninurta le secourable, et Ennugi qui surveille les
canaux; et avec eux aussi était Ea.
En ce temps-là le monde regorgeait de tout ; les gens se multipliaient,
le monde mugissait comme un taureau sauvage et le grand dieu fut
réveillé par la clameur. Enlil entendit la clameur et il dit aux dieux
assemblés :
- Le vacarme de
l'humanité est intolérable, et la confusion est telle qu'on ne peut plus
dormir.
Ainsi les dieux
furent-ils d'accord pour exterminer l'humanité. Enlil le fit, mais Ea,
en raison de son serment, m'avertit en songe. Il murmura leurs mots à ma
maison de roseaux :
- Maison de roseaux, maison de roseaux ! Mur, O mur, prête l'oreille,
maison de roseaux, mur, réfléchis ; O homme de Shurrupak, fils d'Ubara-Tutu
; détruis ta maison et construis un bateau, abandonne tes biens et
cherche la vie, méprise les biens du monde et sauve la vie de ton âme.
Détruis ta maison, te dis-je, et construis un bateau. Voici les mesures
du navire que tu dois construire : que son bau soit égal à sa longueur,
que son pont ait un toit comme la voûte qui couvre l'abîme; alors
rassemble à l'intérieur du bateau la semence de tous les êtres vivants.
(...)
Le temps était
écoulé, le soir venait, le cavalier de l'orage lançait la pluie. Je
regardai au-dehors le temps qu'il faisait; c'était effrayant, alors moi
aussi j'embarquai et voligeai le bateau. Tout était maintenant terminé,
le voligeage et le calfatage; aussi donnai-je la barre du gouvernail à
Puzur-Amurri, le timonier, responsable de la navigation et de tout le
bateau. A la première lueur de l'aube, un nuage noir vint de l'horizon;
il tonna là où Adad, le maître de l'orage, chevauchait. En face,
au-dessus de la colline et de la plaine, Shullat et Hanish, hérauts de
l'orage avançaient toujours.
Alors les dieux de
l'abîme surgirent ; Nergal retira les digues des eaux inférieures,
Ninurta, le seigneur de la guerre, jeta à bas les barrages, et les sept
juges de l'enfer, les Annunaki, élevèrent leurs torches, éclairant la
terre de leur flamme livide. Un cri de désespoir monta au ciel quand le
dieu de l'orage changea la lumière du jour en obscurité, quand il mit la
terre en miettes comme une simple coupe. Tout un jour la tempête fit
rage, augmentant encore en furie; elle fondait sur le peuple, comme les
marées de la bataille; un homme ne pouvait pas voir son frère, et du
ciel on ne voyait pas les hommes. Même les dieux étaient terrifiés par
l'inondation; ils fuirent jusqu'au plus haut du ciel, le firmament d'Anu
; ils rampaient le long des murs, courbés comme des chiens. Alors,
Ishtar, la Reine du Ciel à la voix douce, hurla comme une femme dans les
douleurs :
- Hélas, les anciens jours sont changés en poussière parce que j'ai
ordonné le mal; pourquoi ai-je ordonné ce mal dans le conseil de tous
les dieux ? J'ai ordonné des guerres pour détruire le peuple, mais les
hommes ne sont-ils pas mon peuple puisque je les ai mis au monde ?
Maintenant, comme le frai du poisson, ils flottent sur l'océan.
Les grands dieux du
ciel et de l'enfer pleuraient. Ils se couvrirent la bouche. Pendant six
jours et six nuits les vents soufflèrent, le torrent, la tempête et
l'inondation accablèrent le monde, la tempête et l'inondation firent
rage ensemble comme des armées en bataille.
Quand l'aube du septième jour se leva, l'orage qui venait du sud
s'apaisa, la mer devint calme, l'inondation était apaisée; je regardai
la face du monde, et c'était le silence, toute l'humanité était changée
en argile. La surface de la mer s'étendait aussi plate que le sommet
d'un toit; j'ouvris une écoutille et la lumière tomba sur mon visage.
Alors, je m'inclinai profondément, je m'assis et pleurai; les larmes
ruisselaient sur mon visage car de tous les côtés c'était le désert de
l'eau.
Je cherchai des
yeux la terre en vain, mais à quatorze lieues apparut une montagne où le
bateau s'échoua. Sur la montagne de Nisir, le bateau tint bon, il tint
bon et ne remua pas. Un jour, il tint et un second jour sur la montagne
de Nisir, il tint bon et ne bougea pas. Un troisième jour et un
quatrième jour, il tint bon sur la montagne et ne bougea pas; un
cinquième jour et un sixième jour, il tint bon sur la montagne. Quand
l'aube du septième jour se leva, je lâchai une colombe et la laissai
partir. Elle s'envola, mais ne trouvant pas d'endroit où se poser,
revint. Puis je lâchai une hirondelle. Elle s'envola, mais ne trouvant
pas d'endroit où se poser, revint : je lâchai un corbeau, il vit que les
eaux s'étaient retirées, il mangea, il vola alentour, il croassa et ne
revint pas. Alors, j'ouvris tout aux quatre vents, j'offris un sacrifice
et versai une libation au sommet de la montagne. (...)
"Au final pour
remercier Utnapishtim d’avoir été si prévoyant en préservant un couple
de chaque espèce de la création (« alors rassemble à l'intérieur du
bateau la semence de tous les êtres vivants »), et ainsi ne pas avoir à
tout recommencer de zéro, les dieux lui offrirent l’immortalité.
On retrouve à peu près la même version parmi les grandes civilisations
du Moyen-Orient, mais les noms des protagonistes changent : Utnapishtim
est ainsi appelé Atrahasis ou encore Ziusudra ; Ea devient Enki ou
Enlil…
2. La Bible et le Coran
a. La Bible
J’ai bien envie de dire que « forcément » quand on dit « Déluge » c’est
le premier auquel on pense, ne serait-ce que parce que c’est, a priori,
le plus connu.
Dans un des
épisodes de la Genèse, Dieu, fatigué par les guerres et les discordes
des hommes, décide d'y mettre fin de façon radicale. Personnage biblique
qui appartient à la race de Caïn, héros du Déluge et père de Sem, de
Cham et de Japhet, Noé était fils de Lamech. Dieu lui parle et lui
demande de construire une arche et d'y amener un couple de chacun des
animaux du monde. Puis, une fois que Noé a fini de construire son arche,
Dieu déclenche des pluies diluviennes qui dureront 40 jours et 40 nuits,
recouvrant tous les pays, tuant tous les hommes mauvais. Après avoir
passé presque un an dans l'arche, Noé envoie successivement des corbeaux
puis des colombes. Un jour, une colombe revient tenant dans son bec un
rameau d'olivier, signe que le rivage est proche. Il peut alors accoster
(d'après le récit, sur le mont Ararat), avec tous ses animaux, pour
repeupler le monde avec sa famille, c'est-à-dire sa femme, ses trois
fils et ses trois belle-filles. Un arc-en-ciel se dessine dans le ciel,
signe de l'alliance avec Dieu.
b. Le Coran
Sur les cent quatorze sourates qui constituent le Coran, vingt-neuf
parlent du déluge.
Le Coran parle du déluge et de Noé en ces termes :
Et il fut révélé à
Noé: 'De ton peuple, il n'y aura plus de croyants que ceux qui ont déjà
cru. Ne t'afflige pas de ce qu'ils faisaient. Et construis l'arche sous
Nos yeux et d'après Notre révélation. Et ne M'interpelle plus au sujet
des injustes, car ils vont être noyés'.
Et il construisait l'arche. Et chaque fois que des notables de son
peuple passaient près de lui, ils se moquaient de lui. Il dit: 'Si vous
vous moquez de nous, eh bien, nous nous moquerons de vous, comme vous
vous moquez (de nous)'. Et vous saurez bientôt à qui viendra un
châtiment qui l'humiliera, et sur qui s'abattra un châtiment durable!"
Puis, lorsque Notre
commandement vint et que le four se mit à bouillonner (d'eau), Nous
dîmes: 'Charge (dans l'arche) un couple de chaque espèce ainsi que ta
famille - sauf ceux contre qui le décret est déjà prononcé - et ceux qui
croient'. Or, ceux qui avaient cru avec lui étaient peu nombreux. Et il
dit: "Montez dedans. Que sa course et son mouillage soient au nom
d'Allah. Certes mon Seigneur est Pardonneur et Miséricordieux". Et elle
vogua en les emportant au milieu des vagues comme des montagnes.
Et Noé appela son
fils, qui restait en un lieu écarté (non loin de l'arche): "Ô mon
enfant, monte avec nous et ne reste pas avec les mécréants". Il
répondit: "Je vais me réfugier vers un mont qui me protègera de l'eau".
Et Noé lui dit: "Il n'y a aujourd'hui aucun protecteur contre l'ordre
d'Allah. (Tous périront) sauf celui à qui Il fait miséricorde". Et les
vagues s'interposèrent entre les deux, et le fils fut alors du nombre
des noyés.
Et il fut dit: "Ô terre, absorbe ton eau! Et toi, ciel, cesse (de
pleuvoir)!" L'eau baissa, l'ordre fut exécuté et l'arche s'installa sur
le Joûdî, et il fut dit: "Que disparaissent les gens pervers"!
3. Grèce
Chez les Grecs, c’est le couple formé par Deucalion (fils de Prométhée)
et Pyrrha (fille d’Epiméthée ; ils sont donc cousins germains !!!!) qui
aura l’honneur de sauver la création.
Zeus, indigné par
la conduite impie des hommes qu'il a pu vérifier chez Lycaon [Roi
d'Arcadie, il était réputé pour son irrespect des dieux. Zeus, pour le
mettre à l'épreuve, se présenta à lui sous les traits d'un mendiant.
Lycaon le reçut à sa table et lui fit servir de la chair humaine
(probablement son propre petit-fils). Indigné, Zeus foudroya ses
cinquante fils et changea Lycaon lui-même en loup], réunit les dieux
pour leur faire part de sa décision de détruire l'humanité, leur
promettant une race d'hommes meilleure que la première. Aidé de Notos
(Vent du Sud), d'Iris (messagère des dieux) et de Poséidon qui commande
aux dieux fleuves, il recouvre la terre sous les eaux, seul restant
émergé le sommet du Parnasse. Seuls Deucalion et Pyrrha en réchappe. En
effet, sur les conseils de Prométhée, ils construisent une arche qui
flotte neuf jours et neuf nuits au milieu des rafales et finissent par
échouer sur le Parnasse. Ils y reçoivent un oracle de Thémis qui leur
enjoint de jeter par dessus leurs épaules les os de leur grand-mère ;
comprenant qu'il s'agit de simples pierres (leur grand-mère étant Gaïa,
la Terre), il s'exécutent et engendrent ainsi une nouvelle race
d'hommes.
Cet événement est censé être postérieur à un autre récit grec de déluge,
plus mal connu, le déluge d’Ogygès.
4. Iran
Selon le livre du Vidêvdât, un terrible hiver enneige le monde, puis la
fonte des neiges menace tout. Le dieu Ahura Mazda, l’Esprit du Bien,
conseille à Yima, le premier homme, qui est aussi le premier roi, de se
retirer dans une forteresse, avec les meilleurs parmi les humains, et
les différentes espèces d’animaux et de plantes. Ils survivent à la
monté des eaux et repeuplent la terre. Le Déluge met fin à l’âge d’or,
qui ne connaissait ni la vieillesse ni la mort.
5. Inde
Absent dans le Véda, le mythe du Déluge est attesté pour la première
fois dans le Satapatha Brahmana : Manu, le premier homme a protégé un
très petit poisson, le déplaçant de bassin en bassin jusqu’à ce qu’il
parvienne à l’état adulte. En remerciement, le poisson, qui n’est autre
que le premier avatar (incarnation) de Vishnu, révèle à son bienfaiteur
qu’un déluge est imminent et lui ordonne de construire un bateau.
Lorsque les flots s’enflent, le bateau attaché à une corne du poisson
est conduit en lieu sûr (vers des terres émergées dans l'Himalaya, à
Manali dans la vallée de Kulu), avec ses occupants, au sommet d’une
montagne. C’est là que Manu attend l’écoulement des eaux. À la suite
d’un sacrifice, il obtient une femme, et de leur union descend le genre
humain.
Dans la version
transmise par le Mahabharata, Manu est un ascète et a été sauvé avec les
Rishi (sorte de saints/ascètes) et la semence de tout ce qui vit sur
terre, rapprochant ainsi son histoire de celle de Noé. Dans le Bhagavata
Purana, le roi-ascète Satyavrata est averti de l’approche du Déluge par
Hari (Vishnu) qui a pris la forme d’un poisson.
6. Amérique du Sud
Chez les Aztèques, il faut se rapporter au mythe de création de
l’univers : la « légende des quatre soleils ». Quatre ères, désignées
sous le nom de « soleil », ont précédé la nôtre, toutes ont fini par un
cataclysme :
- Le 1er soleil appelé « 4 tigre » (nahui ocelotl) qui dura 676 ans, les
habitants de la Terre furent dévorés par des tigres.
- Le 2nd soleil « 4 vent » (nahui ehecalt) qui dura 364 ans, les humains
furent emportés par de terribles vents et les survivants furent
transformés en singes.
- Le 3ème soleil « 4 pluie » (nahui quiahuitl) dura 312 ans au bout
desquels une pluie de feu détruisit tout.
- Le 4ème soleil « 4 eau » (nahui atl) dura 676 ans. Une terrible
inondation y mis fin, dont seul un homme et une femme survécurent.
- Pour info, nous vivons actuellement le 5ème soleil « 4 tremblement de
terre » (nahui ollin) qui, comme son nom l’indique, devrait finir dans
les secousses sismiques.
Chez les Mayas, nous allons nous référer au Popol Vuh, encore une fois à
la partie relatant la création du monde et de l’humanité :
Les puissances «
spirituelles » qui coexistent au chaos primitif, s’en détachent lors de
la création. Chaque angle du monde est marque par une borne de couleur
différente et par un Régent, qui sont don au nombre de 4 : Tzakol, Bitol,
Alom et Qalohom. A ces 4 Régents viennent s’ajouter les « puissances du
ciel » Tepeu et Gucumatz puis Cabaguil le « Cœur du Ciel ». A eux 7 ils
forment le conseil, responsable de la création. La 1ère création fut
végétale, mais elle ne les satisfait pas, ils décident alors de faire
surgir des êtres animés. Ainsi naquirent les animaux, les oiseaux, les
serpents et les « esprits de la montagne ». Ensuite les dieux
entreprirent de former l’humanité. Ils s’y reprennent plusieurs fois :
avec de la boue humide, en les sculptant dans le bois. La dernière
mouture de l’humanité est faite à partir du maïs et c’est celle qui
réussit le mieux. Mais nous nous intéressons à la troisième création,
celle fait à partir du bois. Cette humanité fut donc composée de
mannequins animés. « Ils vécurent, ils engendrèrent, ils firent des
filles, ils firent des fils, ces mannequins, ces charpentés de bois. Ils
n’avaient ni esprit, ni sagesse, nul souvenir de leurs constructeurs, de
leurs formateurs… Ils ne se souvenaient pas des esprits du Ciel ; c’est
pourquoi ils déchurent… » Incapables de leur rendre hommage, les dieux
mirent fin à ces hommes ébauchés par un grand déluge, mais on dit que
leur race ne périt pas entièrement et que, chassés, elle survit sous la
forme de singes.
7. En vrac
Le mythe du Déluge se rencontre également chez (liste non exhaustive):
- En Australie on parle d’une grenouille géante qui avait absorbé toutes
les eaux. Souffrant de la soif, les animaux décidèrent de faire rire la
grenouille. En voyant l’anguille se tordre, la grenouille éclata de rire
et les eaux s’écoulèrent de sa bouche, provoquant le Déluge.
- Dans la tradition
nordique, quand Odin, Vili et Ve tue Ymir (le premier homme/géant je
crois), le sang qui se déverse de ses blessures donne lieu à un Déluge
dont les deux seuls survivants sont son fils Thrudgelmir ainsi que la
femme de ce dernier.
- En Irlande, il y
aurait eu deux Déluge : le premier 40 ans après l’arrivée de Cessair sur
l’île dont un seul réchappa ; le second après l’arrivée des tribus de
Partholon et de Nemed dont 30 survécurent.
- Chez les Mi’kmaq
(tribu indienne du Nord des Etats-Unis et du Canada), les hommes
deviennent mauvais ce qui cause un grand chagrin au dieu soleil
créateur. Ses larmes sont tellement importantes qu’elles causent un
Déluge dont seuls réchapperont un vieux couple.
- Chez les grecs,
mais de manière « indirecte », celui de l’Atlantide : la destruction se
fait suite à la décadence des habitants de l’île. Elle finira engloutie
sous les eaux.
- En fin, en France
il y a l’histoire de la ville engloutie d’Ys : la ville a été construite
dans la baie de Douarnenez pour la princesse Dahut par son père. Elle
fut engloutie lors d’une tempête lancée par Dieu pour punir la princesse
Dahut dont les agissements avait fait d’Ys la ville du péché.
En comparaison avec les mythes narrant la fin du monde dans le passé,
les mythes se référant à une fin à venir sont assez peu nombreux. Parmi
les mythes primitifs de la Fin on trouve :
- dans une des îles
Carolines, Aurepik, c’est le fils du Créateur qui est responsable de la
catastrophe. Lorsqu’il s’apercevra que le chef ne s’occupe plus de ses
sujets, il submergera l’île au moyen d’un cyclone.
- les Guaranis du
Mato Grosso : la Terre sera détruite par le feu et par l’eau.
- selon les
Cherokees, quand le monde sera vieux et usé, les hommes mourront, les
cordes se casseront, et la Terre s’abîmera dans l’Océan (la Terre est
imaginée comme étant une grande île suspendue à la voûte céleste par
quatre cordes).
8. Conclusion
Le récit d'un déluge, lointain ou à venir, dans lequel un homme, sa
famille et de nombreux animaux ont été sauvés dans un grand navire fait
partie du folklore de 138 cultures distinctes d'un bout à l'autre de la
terre. Si ces destructions sont très souvent liées au feu (à la foudre,
aux chutes de boules de feu...), une tradition presque universelle (bien
qu’extrêmement rare en Afrique) rapporte que la destruction (la plus
dévastatrice) a eu lieu par un déluge d'eau.
Dans un grand nombre de mythes, le Déluge est rattaché à une faute
rituelle qui a provoqué la colère de l’Être suprême: parfois il résulte
simplement du désir d’un Être divin de mettre fin à l’humanité. Mais, si
l’on examine les mythes qui annoncent l’imminence du Déluge, on
retrouve, parmi les causes principales, non seulement les péchés des
hommes, mais aussi la décrépitude du monde. On peut dire alors que le
Déluge a ouvert la voie à la fois à une re-création du monde et à une
régénération de l’humanité.... En tout état de cause l'humanité "s'en
sort" et écrit à nouveau une nouvelle page de son épopée. «Les
méchancetés, les péchés finiraient pas défigurer l’humanité; vidée des
germes et des forces créatrices, l’humanité s’étiolerait, décrépite et
stérile. Au lieu de la régression lente en formes sous-humaines, le
déluge amène la réabsorption instantanée dans les eaux, dans lesquelles
les péchés sont purifiés et desquelles naîtra l’humanité nouvelle,
régénérée» (M. Eliade)
Mais l'universalité de ce mythe ne peut que nous conduire à nous
demander quelle cause réelle a pu occasionner une telle unanimité… Je
renvoie à « Atlantis » de David Gibbins qui pourrait en être une
réponse.
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